Interview d'une jeune institutrice grecque

Publié le par Flavien

Je donnais en exemple le cas d'une amie, institutrice grecque, qui n'a plus de salaire depuis 4 mois. Voici un extrait de son interview de la part d'une journaliste de talent

(je vous conseil vivement de suivre son blog : http://tuttefrut.over-blog.com )

 

Interview du 20 février traduit de l'anglais au français, par Hélène Molinari : 

 

"Est-ce que ça a été dur de trouver ce travail ?

J'ai commencé à travailler en septembre 2011. Donc à première vue ça ne semble pas difficile de trouver du boulot. Mais la vérité c'est que, jusqu'en 2010, tous les étudiants qui étudiaient à ma fac trouvaient du boulot immédiatement dans l'enseignement public. Plus maintenant. Les statistiques pour cette année donnent quelque chose comme 11 000 enseignants qui partent à la retraite, et seulement 6 000, voire moins, qui ont été embauchés. Tout ça parce qu'on fusionne beaucoup d'écoles. Il y a donc plus d'élèves par classe (ce qui rend l'enseignement plus difficile et moins efficace). Donc je dirais que ce n'était pas difficile de trouver du boulot, pour moi, mais que c'était juste un coup de chance. 

 

Et combien gagnes-tu ?

Au sujet de mon salaire, histoire drôle : je ne touche rien. Comme je l'ai dit j'ai commencé en septembre, et là on est en février. Je n'ai eu que les deux premiers mois de salaire. Parce que l'entreprise ne va pas bien, ils n'ont pas d'argent pour payer leurs employés. Et aussi à cause des nouvelles lois, nos salaires "fantômes" ont été réduits, mais je ne sais pas de combien exactement ... La situation est la même pour tous ceux qui travaillent dans l'entreprise, du chauffeur de bus scolaire, en passant par le chef de l'équipe technique, jusqu'aux instituteurs..."

 

Il faut savoir que l'école privé en Grèce n'a pas le même rôle qu'en France. La majorité des enfants suivent une scolarité privé car les conditions d'enseignement et la qualité des instituteurs y sont bien meilleur que dans les écoles publique. Un seul exemple : dans les écoles de l'état, le système de répétition est de mise ( à contrario en France et dans tout les autres pays d'Europe, on demande aux enfants recherches et réflexions personnelles). Les parents se saignent donc à payer à leur progéniture des écoles très chères. En plus des frais d'inscription, il est souvent indispensable d'engager des professeurs privé (appeler "répétiteurs"), qui donnent des cours à domicile, notamment pour ceux qui ont la chance d'aller au lycée franco-hellénique d'Athènes, une des écoles les plus prestigieuses de Grèce, mais où les cours sont majoritairement en français. Ce lycée (qui englobe de la maternelle au bac) subit lui aussi de gros problèmes financier. 

 

En marge du grand tapage économico-médiatique, ce témoignage est une preuve accablante de l'inefficacité des marchés financiers et de leur protecteur, le FMI, qui pence avant tout à sauver les banques grecques et européennes plutôt que le peuple grec.  L'éducation a toujours été délaissée par le gouvernement grec, qui s'est déchargé de son rôle éducatif sur les écoles privés. Ces dernières sont actuellement en grande difficulté... Si personne ne fait rien, la majorité des écoles vont fermée... Est ce en sacrifiant l'éducation des jeunes grec que le pays va un jour pouvoir recréer de la croissance?

 

Vous pouvez retrouver l'interview complet ici : http://tuttefrut.over-blog.com/article-d-un-point-de-vue-grec-99744639.html#fromTwitter

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